CAMO — évaluer la fiabilité d'une information
Quatre questions, quatre niveaux d'établissement, cinq règles. Ce cadre est publié afin que nos conclusions puissent être contestées avec nos propres critères.
Le problème
Le volume d'information disponible n'a jamais été aussi élevé, et sa fiabilité n'a jamais été aussi difficile à établir. Trois phénomènes se conjuguent.
La circulation efface la trace. Une information reprise cent fois paraît confirmée cent fois. Elle ne l'est qu'une seule — et souvent mal.
La production de vraisemblance s'est industrialisée. Les systèmes d'intelligence artificielle produisent, à coût nul, des textes cohérents, plausibles et dépourvus de source.
Les décisions se prennent plus vite que les vérifications. L'écart se comble par la confiance, l'habitude ou l'intuition.
Dans les environnements où l'information est coûteuse à vérifier, cet écart devient un risque de décision.
Ce que ce cadre fait, et ne fait pas
CAMO répond à une seule question, et refuse d'en traiter d'autres :
Le cadre n'établit pas ce qui est vrai. Il établit ce qui est démontrable en l'état des sources disponibles — et, tout aussi important, ce qui ne l'est pas.
Un instrument, non une méthode générale
CAMO sert une opération précise : établir les faits, lorsque la matière examinée est une information ou une contrepartie.
Il ne dit rien de la structuration d'une organisation, de la hiérarchisation d'options stratégiques ou de la conduite d'une décision. Ces travaux relèvent d'autres instruments.
Quand l'appliquer
CAMO s'applique à toute affirmation remplissant les trois conditions suivantes :
- Elle porte une conséquence. Si elle est fausse, une décision change
- Elle n'est pas directement observable par le destinataire de l'analyse
- Elle est susceptible d'être établie par des sources accessibles
Une affirmation qui ne remplit pas la troisième condition ne relève pas de CAMO : elle relève de l'hypothèse, et doit être traitée comme telle.
Toute affirmation ne mérite pas le même effort. L'intensité de l'examen se règle sur la conséquence de l'erreur, jamais sur la facilité de la vérification.
Une affirmation facile à vérifier mais sans conséquence peut être laissée de côté. Une affirmation difficile à vérifier mais déterminante doit être traitée — et si elle ne peut pas l'être, cela doit être écrit.
Les quatre dimensions
Elles s'examinent conjointement. Aucune n'est suffisante seule, et l'ordre d'examen n'a pas d'importance.
Une information n'existe jamais indépendamment des conditions de sa production. Comprendre ces conditions ne discrédite pas l'information : cela permet d'en apprécier la portée.
- Qui a produit l'information, et en quelle qualité
- À quelle fin : déclaration réglementaire, communication institutionnelle, obligation légale, décision de justice, travail journalistique, échange privé
- Le producteur avait-il accès direct aux faits qu'il rapporte
- Existe-t-il une obligation de sincérité, et une sanction en cas de manquement
- Qui bénéficie de la diffusion, et à quel titre
- Production spontanée, ou réponse à une demande
Une référence client mentionnée lors d'une négociation est produite dans un contexte où l'exhaustivité n'est pas attendue. L'absence de mention d'un litige n'est pas un mensonge : c'est une conséquence prévisible du contexte.
L'ancienneté n'invalide pas une information. Elle en détermine la portée présente. Certaines informations ne vieillissent pas ; d'autres se périment en semaines.
- Date de production, à distinguer de la date de publication ou de dernière mise à jour
- Durée de validité raisonnable pour ce type d'information
- Événements survenus depuis, susceptibles de l'avoir modifiée
- Révision, démenti ou actualisation éventuels
- La source est-elle tenue à une obligation de mise à jour
Écueil fréquent. La date affichée sur une page consultée en ligne est presque toujours celle de sa dernière modification technique, non celle de production de l'information. Les deux ne doivent jamais être confondues.
C'est la dimension la plus souvent mal appliquée. La répétition n'est pas la confirmation.
- Nombre de sources rapportant l'information
- Indépendance réelle : se citent-elles mutuellement, remontent-elles à une origine commune, appartiennent-elles au même ensemble
- Nature de la convergence : concordance sur les faits, ou reprise des mêmes formulations
- Existence de sources divergentes, et explication de la divergence
- L'absence de contradiction est-elle significative, ou reflète-t-elle un défaut d'attention
Dimension décisive. Une information dont on ne peut retrouver l'origine ne peut jamais être qualifiée d'établie, quel que soit le nombre de ses reprises.
- La chaîne de transmission peut-elle être remontée jusqu'à son point d'origine
- La source primaire est-elle accessible, consultable, opposable
- Nature de la source : acte authentique, inscription à un registre, décision de justice, publication officielle, déclaration d'une partie, témoignage
- Rupture de chaîne, maillon inaccessible, attribution incertaine
- Altération en cours de transmission : arrondie, généralisée, sortie de son périmètre d'origine
Un chiffre présenté comme sectoriel mais issu d'une étude portant sur un seul pays a subi une altération en cours de transmission. Sa source est identifiable, son périmètre a changé.
Les quatre niveaux
Le verdict porte sur une affirmation, jamais sur une personne ni sur une organisation. Cette distinction est fondamentale : nous ne qualifions pas une entité, nous qualifions ce qui peut en être affirmé, à une date donnée, sur la base de sources déterminées.
L'affirmation repose sur une source primaire accessible, ou sur des sources indépendantes concordantes. Elle peut être opposée à un tiers et reprise dans une décision sans réserve particulière.
Conditions cumulatives. Origine : source primaire identifiée et accessible. Multiplicité : deux sources indépendantes concordantes, ou une source primaire investie d'autorité. Ancienneté : information actuelle, ou dont l'ancienneté est sans effet sur ce qui est affirmé. Contexte : identifié et ne portant pas atteinte à la portée. Aucun élément contradictoire relevé.
L'affirmation est appuyée par des éléments convergents, sans que la chaîne de preuve soit complète. Elle peut fonder une décision, sous réserve expresse.
Conditions. Une seule dimension présente une faiblesse, et cette faiblesse est identifiée. Situations typiques : source primaire existante mais non accessible dans le délai ; sources secondaires crédibles et convergentes sans accès à l'origine ; information établie antérieurement dont l'actualité n'a pas pu être confirmée ; contexte non neutre sans élément contradictoire.
Les éléments disponibles ne permettent ni d'appuyer ni d'écarter l'affirmation. Une décision fondée sur elle porte un risque qui doit être explicitement accepté.
Conditions. Au moins l'une des situations suivantes : sources existantes mais dépendantes, ou remontant à une origine unique non vérifiable ; éléments contradictoires non arbitrés ; contexte rendant l'information non neutre sans contre-vérification possible ; ancienneté interdisant d'apprécier la validité présente.
Aucun élément accessible ne permet d'appuyer l'affirmation.
Conditions. Aucune source accessible identifiée ; ou affirmation reposant exclusivement sur la déclaration de la partie intéressée ; ou rupture de la chaîne de transmission interdisant toute remontée.
Ce verdict indique que l'affirmation n'a pas pu être établie avec les sources disponibles, dans le périmètre et le délai de l'examen. Il ne constitue ni une accusation, ni un démenti, ni un jugement de valeur.
Une part importante de ce qui est vrai n'est pas établissable en sources ouvertes. Confondre l'absence de preuve avec la preuve de l'absence est l'erreur la plus grave que puisse commettre un analyste — et la plus fréquente.
« Non établi » n'a pas de couleur propre : il se figure par l'absence de remplissage. Un fond rouge le lirait comme un démenti, ce que cette règle interdit.
Le motif — plein, à moitié, hachuré, vide — porte l'information indépendamment de la couleur. La marque reste lisible en monochrome, à l'impression, et pour un lecteur daltonien.
Les cinq règles
Cinq, pas davantage. Un cadre qui en compte douze n'en a aucune : personne ne les retient, donc personne ne les applique.
Chacune s'impose à tout utilisateur du cadre. Chacune est constitutive — la retirer le casse. Chacune bloque une défaillance réelle et fréquente de l'analyse.
Interdit : conclure qu'une entité est fiable ou douteuse. Un cumul de verdicts « non établi » ne produit aucun jugement d'ensemble — il produit une liste de ce qui reste à établir.
Sans cette règle, l'échelle devient une notation d'entités. Le cadre change de nature, et son utilisateur s'expose juridiquement.
Interdit : traiter un verdict « non établi » comme un signal négatif, une réserve implicite ou un motif de rejet.
C'est l'erreur la plus fréquente et la plus lourde. Elle transforme un instrument d'analyse en machine à écarter.
Impose : avant tout décompte, vérifier si les sources se citent mutuellement, remontent à une origine commune ou appartiennent au même ensemble. Le décompte des sources indépendantes figure distinctement de celui des sources consultées.
Sans cette règle, la dimension Multiplicité devient un décompte, et le cadre valide mécaniquement tout ce qui circule beaucoup.
Impose : tout verdict porte sa date, son périmètre et le décompte de ses sources. Sa reprise dans un autre contexte, ou à une autre date, exige un réexamen.
Interdit : citer un verdict sans ses bornes. Un verdict détaché de ses conditions n'est plus un verdict — c'est une opinion munie d'un vocabulaire emprunté.
Impose : chaque analyse comporte la liste explicite de ce qui n'a pas pu être établi, et distingue ce qui n'entrait pas dans le périmètre de ce qui a été cherché sans résultat.
Interdit : livrer une conclusion nette en absorbant le doute. Une conclusion sans limites déclarées n'est pas plus utile — elle est seulement plus confortable.
C'est cette règle qui distingue une décision défendable d'une décision assurée. Elle est la finalité du cadre.
1. Le verdict porte sur une affirmation, jamais sur une personne.
2. « Non établi » ne signifie pas « faux ».
3. La reprise n'est pas la confirmation.
4. Un verdict vaut à une date, dans un périmètre, avec des sources.
5. Ce qui n'a pas pu être établi est écrit.
La fiche verdict
Tout livrable se conclut par cette fiche. Deux de ses lignes n'apparaissent dans aucun rapport concurrent : le décompte des sources indépendantes, distinct du décompte total, et la section consacrée à ce qui n'a pas pu être établi.
- L'identité exacte entre le bénéficiaire enregistré et la structure candidate
- Le montant et le périmètre réels du programme
- La qualité d'exécution — aucun rapport d'évaluation publié
Exemple illustratif, construit pour expliquer la fiche.
Un exemple complet
Contexte. Une organisation internationale envisage de confier l'exécution d'un programme à une structure locale. Cette structure indique avoir mis en œuvre un programme comparable, financé par un bailleur multilatéral, achevé deux ans plus tôt.
Affirmation évaluée. « Cette structure a mis en œuvre un programme financé par [bailleur] et achevé en 2024. »
Examen
Contexte. L'affirmation est produite par la structure elle-même, dans le cadre d'une candidature. Contexte non neutre : l'exhaustivité n'y est pas attendue et la sélection des éléments favorables est prévisible. Cela ne discrédite pas l'affirmation, mais interdit de s'y arrêter.
Ancienneté. Le programme est achevé depuis deux ans. L'affirmation porte sur un fait passé : son ancienneté est sans effet sur sa véracité. Elle en a en revanche sur ce qu'on peut en déduire quant aux capacités actuelles — l'équipe ayant conduit le programme peut ne plus être en place. Cette déduction relève d'une autre affirmation, à évaluer séparément.
Multiplicité. Trois mentions du programme ont été identifiées en ligne. Vérification faite, deux reprennent le communiqué de la structure elle-même. La troisième émane d'un annuaire sectoriel dont la source n'est pas indiquée. Multiplicité apparente : trois. Multiplicité réelle : une.
Origine. Le portail de transparence du bailleur mentionne un financement attribué sur la période indiquée, dans le pays concerné, sur une thématique correspondante. Le bénéficiaire y figure sous une dénomination proche mais non identique. Aucun document contractuel n'est publié.
Verdict
Probable. L'origine est partiellement établie — un financement correspondant existe et figure dans une source primaire de qualité. La correspondance exacte du bénéficiaire n'a pas pu être confirmée. Aucun élément contradictoire n'a été relevé.
Ce qui n'a pas pu être établi : l'identité exacte entre le bénéficiaire enregistré et la structure candidate ; le montant et le périmètre réels du programme ; la qualité de son exécution ; le maintien en poste des personnes qui l'ont conduit.
L'affirmation peut être retenue sous réserve. Une seule question posée au bailleur, ou la production du contrat par la structure elle-même, ferait passer ce verdict à « Établi » en quelques jours. Le coût est nul ; la réduction d'incertitude est importante.
Le verdict n'est ni un rejet ni une validation. C'est une carte de ce qui est su et de ce qui ne l'est pas, assortie de l'indication du chemin le plus court pour lever ce qui reste.
Limites et conduite
Ce que le cadre ne fait pas
- Il ne détermine pas la vérité. Il détermine ce qui est démontrable avec les sources accessibles, à une date donnée
- Il ne mesure pas l'importance. Une information peut être parfaitement établie et sans intérêt pour la décision. La hiérarchisation relève de l'analyse
- Il ne s'applique pas aux intentions ni au futur. Ce qu'une partie fera, ou dont elle sera capable demain, n'est pas établissable
- Il ne remplace aucune autorité. Ni juridiction, ni expertise judiciaire, ni commissaire aux comptes, ni régulateur
- Il n'est pas un instrument d'accusation. Un verdict « non établi » ou « incertain » n'autorise aucune imputation. Il autorise une prudence
Principes de conduite
- Un verdict est daté. Il vaut à la date de son émission, avec les sources d'alors
- Un verdict porte sur une affirmation, jamais sur une personne
- Ce qui n'a pas pu être établi est écrit
- Le périmètre est déclaré. L'absence d'examen n'est jamais présentée comme une absence de risque
- Le doute est communiqué, jamais absorbé
Systèmes automatisés
Une sortie de modèle de langage est une information sans origine. Elle ne peut, par construction, dépasser le verdict « non établi » — sauf si les affirmations qu'elle contient sont réexaminées une à une selon les quatre dimensions.
Cette règle s'applique aux travaux de SAIME3i. Nous employons ces systèmes en production ; aucune de leurs sorties n'entre dans un livrable sans avoir été soumise au cadre.
Nous appliquons ce cadre à travers une architecture de validation déterministe, en amont de toute conclusion assistée par un système automatisé. L'établissement des faits et la formulation des conclusions font l'objet d'étapes distinctes. Les données de tiers sont anonymisées à chaque étape faisant intervenir un système externe. Chaque verdict porte une référence de contrôle.
Le cadre est public pour que vous puissiez contester nos conclusions. Notre mise en œuvre est notre outil de production : elle est auditable par votre conformité, elle n'est pas publiée.
Licence et citation
Ce cadre est publié sous licence Creative Commons Attribution — Pas de Modification 4.0. Aucune inscription n'est requise, aucune autorisation n'est à demander.
- L'utiliser dans vos propres travaux
- Le reproduire et le diffuser
- L'employer à titre commercial
- L'enseigner et le citer
- L'appliquer pour contester nos conclusions
- D'en citer l'auteur et la source
- De ne pas le modifier
- D'indiquer la version employée
- De ne pas présenter une version altérée comme étant CAMO
Citation recommandée
Saleh, H. (2026). CAMO 2.0 — Cadre d'évaluation de la fiabilité d'une information. SAIME3i. https://www.saime3i.com/camo.html
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Historique
| Version | Date | Évolution |
|---|---|---|
| 1.0 | 2025 | Première formalisation. Verdict à trois niveaux : fiable, suspect, incertain |
| 1.2 | 2026 | Ajout de la couche de validation déterministe. Usage interne |
| 2.0 | Juillet 2026 | Échelle refondue en quatre niveaux qualifiant l'affirmation et non l'entité. Publication du cadre. |
Le changement d'échelle intervenu en version 2.0 est substantiel : les verdicts antérieurs ne sont pas convertibles automatiquement dans la nouvelle grille.
Toute évolution ultérieure donnera lieu à une version numérotée et datée, publiée sur cette page. Les analyses déjà produites demeurent régies par la version applicable à leur date d'émission.
Contester ce cadre
Si vous estimez qu'une règle est mal formulée, qu'une définition prête à confusion ou qu'un cas d'usage n'est pas couvert, écrivez à contact@sangour3i.com. Les objections argumentées sont examinées et, lorsqu'elles sont fondées, intégrées à la version suivante.
Vous pouvez l'utiliser seul. Ou nous demander de l'appliquer.
Ce cadre est conçu pour être employé sans nous. Si vous préférez confier une vérification, un diagnostic ou une entrée de marché, le cadrage dure trente minutes et n'engage à rien.
Vous en repartez avec une note écrite qui vous appartient, que nous travaillions ensemble ou non.
Demander un cadrage — 30 minCAMO — assessing the reliability of information
Four questions, four levels of establishment, five rules. This framework is published so that our conclusions can be challenged using our own criteria.
The problem
The volume of available information has never been higher, and its reliability has never been harder to establish. Three phenomena are converging.
Circulation erases the trail. A piece of information repeated a hundred times appears confirmed a hundred times. It is confirmed only once — and often poorly.
The production of plausibility has been industrialised. Artificial intelligence systems produce, at zero cost, texts that are coherent, plausible and sourceless.
Decisions are made faster than verifications. The gap is filled by trust, habit or intuition.
In environments where information is costly to verify, that gap becomes a decision risk.
What this framework does, and does not do
CAMO answers a single question, and refuses to address any other:
The framework does not establish what is true. It establishes what is demonstrable given the sources available — and, just as importantly, what is not.
An instrument, not a general method
CAMO serves one precise operation: establishing facts, where the material under examination is a piece of information or a counterparty.
It says nothing about structuring an organisation, ranking strategic options or steering a decision. Those tasks belong to other instruments.
When to apply it
CAMO applies to any assertion meeting the following three conditions:
- It carries a consequence. If it is false, a decision changes
- It is not directly observable by the recipient of the analysis
- It is capable of being established through accessible sources
An assertion that fails the third condition falls outside CAMO: it belongs to the realm of hypothesis, and must be treated as such.
Not every assertion deserves the same effort. The intensity of the examination is set by the consequence of being wrong, never by the ease of verification.
An assertion that is easy to verify but carries no consequence can be set aside. An assertion that is hard to verify but decisive must be addressed — and if it cannot be, that must be stated in writing.
The four dimensions
They are examined together. None is sufficient on its own, and the order of examination does not matter.
Information never exists independently of the conditions under which it was produced. Understanding those conditions does not discredit the information: it allows its weight to be properly assessed.
- Who produced the information, and in what capacity
- For what purpose: regulatory filing, corporate communication, legal obligation, court decision, journalistic work, private exchange
- Did the producer have direct access to the facts being reported
- Is there a duty of truthfulness, and a sanction for breaching it
- Who benefits from its circulation, and in what capacity
- Produced spontaneously, or in response to a request
A client reference mentioned during a negotiation is produced in a context where completeness is not expected. The absence of any mention of a dispute is not a lie: it is a predictable consequence of the context.
Age does not invalidate information. It determines its present-day reach. Some information never ages; some expires within weeks.
- Date of production, as distinct from the date of publication or last update
- Reasonable validity period for this type of information
- Events since then that may have altered it
- Any revision, retraction or update
- Is the source under any obligation to keep it current
A frequent pitfall. The date displayed on a web page is almost always that of its last technical modification, not that of the information's production. The two must never be confused.
This is the most frequently misapplied dimension. Repetition is not confirmation.
- Number of sources reporting the information
- Genuine independence: do they cite one another, trace back to a common origin, belong to the same group
- Nature of the convergence: agreement on the facts, or reuse of the same wording
- Existence of diverging sources, and any explanation for the divergence
- Is the absence of contradiction meaningful, or does it reflect a lack of attention
The decisive dimension. Information whose origin cannot be traced can never be rated as established, however many times it has been repeated.
- Can the chain of transmission be traced back to its point of origin
- Is the primary source accessible, consultable, and capable of being relied upon against third parties
- Nature of the source: authentic instrument, registry entry, court decision, official publication, statement by a party, testimony
- Broken chain, inaccessible link, uncertain attribution
- Alteration in transmission: rounded, generalised, taken outside its original scope
A figure presented as industry-wide but drawn from a study covering a single country has been altered in transmission. Its source is identifiable; its scope has changed.
The four levels
A verdict applies to an assertion, never to a person or an organisation. This distinction is fundamental: we do not rate an entity, we rate what can be asserted about it, at a given date, on the basis of specified sources.
The assertion rests on an accessible primary source, or on concordant independent sources. It can be relied upon against third parties and carried into a decision without particular reservation.
Cumulative conditions. Origin: primary source identified and accessible. Multiplicity: two concordant independent sources, or one authoritative primary source. Age: information current, or whose age has no bearing on what is asserted. Context: identified and not undermining its weight. No contradictory element found.
The assertion is supported by converging elements, without the chain of evidence being complete. It can ground a decision, subject to an express reservation.
Conditions. A single dimension shows a weakness, and that weakness is identified. Typical situations: primary source exists but is not accessible within the timeframe; credible and converging secondary sources without access to the origin; information previously established whose current validity could not be confirmed; non-neutral context with no contradictory element.
The available elements make it possible neither to support nor to dismiss the assertion. A decision resting on it carries a risk that must be explicitly accepted.
Conditions. At least one of the following: sources exist but are dependent, or trace back to a single unverifiable origin; contradictory elements not resolved; a context making the information non-neutral, with no possibility of cross-checking; an age that makes present-day validity impossible to assess.
No accessible element supports the assertion.
Conditions. No accessible source identified; or an assertion resting solely on the statement of the interested party; or a break in the chain of transmission preventing any trace-back.
This verdict indicates that the assertion could not be established with the sources available, within the scope and timeframe of the examination. It is neither an accusation, nor a denial, nor a value judgement.
A significant share of what is true cannot be established from open sources. Mistaking the absence of evidence for evidence of absence is the gravest error an analyst can make — and the most frequent.
"Not established" has no colour of its own: it is depicted by the absence of fill. A red background would read as a denial, which this rule prohibits.
The pattern — solid, half, hatched, empty — carries the information independently of colour. The marker remains legible in monochrome, in print, and to a colour-blind reader.
The five rules
Five, no more. A framework with twelve rules has none: nobody remembers them, so nobody applies them.
Each one binds every user of the framework. Each is constitutive — remove it and the framework breaks. Each blocks a real and frequent failure of analysis.
Prohibited: concluding that an entity is reliable or dubious. An accumulation of "not established" verdicts produces no overall judgement — it produces a list of what remains to be established.
Without this rule, the scale becomes an entity-rating system. The framework changes in nature, and its user is exposed to legal risk.
Prohibited: treating a "not established" verdict as a negative signal, an implicit reservation or a ground for rejection.
This is the most frequent and the most damaging error. It turns an instrument of analysis into a machine for exclusion.
Required: before any count, check whether the sources cite one another, trace back to a common origin or belong to the same group. The count of independent sources appears separately from the count of sources consulted.
Without this rule, the Multiplicity dimension becomes a tally, and the framework mechanically validates whatever circulates widely.
Required: every verdict carries its date, its scope and its source count. Reusing it in another context, or at another date, requires re-examination.
Prohibited: citing a verdict without its bounds. A verdict detached from its conditions is no longer a verdict — it is an opinion equipped with borrowed vocabulary.
Required: every analysis includes an explicit list of what could not be established, and distinguishes what fell outside the scope from what was sought without result.
Prohibited: delivering a clean conclusion by absorbing the doubt. A conclusion without stated limits is not more useful — it is merely more comfortable.
This is the rule that separates a defensible decision from a confident one. It is the purpose of the framework.
1. A verdict applies to an assertion, never to a person.
2. "Not established" does not mean "false".
3. Repetition is not confirmation.
4. A verdict holds at a date, within a scope, with sources.
5. What could not be established is stated in writing.
The verdict sheet
Every deliverable ends with this sheet. Two of its lines appear in no competing report: the count of independent sources, distinct from the total count, and the section devoted to what could not be established.
- The exact identity between the registered beneficiary and the bidding organisation
- The actual amount and scope of the programme
- The quality of execution — no evaluation report published
An illustrative example, constructed to explain the sheet.
A complete example
Context. An international organisation is considering entrusting the implementation of a programme to a local organisation. That organisation states that it implemented a comparable programme, funded by a multilateral donor, completed two years earlier.
Assertion assessed. "This organisation implemented a programme funded by [donor] and completed in 2024."
Examination
Context. The assertion is produced by the organisation itself, as part of a bid. A non-neutral context: completeness is not expected there, and the selection of favourable elements is predictable. This does not discredit the assertion, but it forbids stopping at it.
Age. The programme has been completed for two years. The assertion concerns a past fact: its age has no bearing on its veracity. It does, however, bear on what can be inferred about current capabilities — the team that ran the programme may no longer be in place. That inference belongs to another assertion, to be assessed separately.
Multiplicity. Three mentions of the programme were identified online. On checking, two reproduce the organisation's own press release. The third comes from a sector directory that does not indicate its source. Apparent multiplicity: three. Actual multiplicity: one.
Origin. The donor's transparency portal records a grant awarded over the stated period, in the country concerned, on a matching theme. The beneficiary appears there under a similar but not identical name. No contractual document is published.
Verdict
Probable. The origin is partially established — a matching grant exists and appears in a high-quality primary source. The exact match of the beneficiary could not be confirmed. No contradictory element was found.
What could not be established: the exact identity between the registered beneficiary and the bidding organisation; the actual amount and scope of the programme; the quality of its execution; whether the people who ran it are still in post.
The assertion can be retained subject to reservation. A single question put to the donor, or the production of the contract by the organisation itself, would move this verdict to "Established" within days. The cost is zero; the reduction in uncertainty is substantial.
The verdict is neither a rejection nor a validation. It is a map of what is known and what is not, together with an indication of the shortest path to resolving what remains.
Limits and conduct
What the framework does not do
- It does not determine the truth. It determines what is demonstrable with the accessible sources, at a given date
- It does not measure importance. A piece of information can be perfectly established and irrelevant to the decision. Prioritisation belongs to the analysis
- It does not apply to intentions or to the future. What a party will do, or will be capable of tomorrow, cannot be established
- It replaces no authority. Neither a court, nor a forensic expert, nor a statutory auditor, nor a regulator
- It is not an instrument of accusation. A "not established" or "uncertain" verdict authorises no imputation. It authorises caution
Principles of conduct
- A verdict is dated. It holds at the date of its issue, with the sources of that time
- A verdict applies to an assertion, never to a person
- What could not be established is stated in writing
- The scope is declared. The absence of examination is never presented as an absence of risk
- Doubt is communicated, never absorbed
Automated systems
The output of a language model is information without an origin. By construction, it can never exceed the verdict "not established" — unless the assertions it contains are re-examined one by one against the four dimensions.
This rule applies to SAIME3i's own work. We use these systems in production; none of their outputs enters a deliverable without having been put through the framework.
We apply this framework through a deterministic validation architecture, upstream of any conclusion assisted by an automated system. The establishment of facts and the drafting of conclusions are separate steps. Third-party data is anonymised at every step involving an external system. Every verdict carries a control reference.
The framework is public so that you can challenge our conclusions. Our implementation is our production tool: it is auditable by your compliance function, it is not published.
License and citation
This framework is published under a Creative Commons Attribution — NoDerivatives 4.0 license. No registration is required, no permission needs to be sought.
- Use it in your own work
- Reproduce and distribute it
- Use it commercially
- Teach it and cite it
- Apply it to challenge our conclusions
- You credit the author and the source
- You do not modify it
- You state the version used
- You do not present an altered version as being CAMO
Recommended citation
Saleh, H. (2026). CAMO 2.0 — A framework for assessing the reliability of information. SAIME3i. https://www.saime3i.com/camo.html
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Version history
| Version | Date | Change |
|---|---|---|
| 1.0 | 2025 | First formalisation. Three-level verdict: reliable, suspicious, uncertain |
| 1.2 | 2026 | Deterministic validation layer added. Internal use |
| 2.0 | July 2026 | Scale redesigned into four levels rating the assertion, not the entity. Framework published. |
The change of scale introduced in version 2.0 is substantial: earlier verdicts cannot be automatically converted into the new grid.
Any future change will result in a numbered, dated version, published on this page. Analyses already produced remain governed by the version applicable at their date of issue.
Challenging this framework
If you believe a rule is poorly worded, a definition is confusing or a use case is not covered, write to contact@sangour3i.com. Reasoned objections are examined and, where well-founded, incorporated into the next version.
You can use it on your own. Or ask us to apply it.
This framework is designed to be used without us. If you would rather entrust a verification, a diagnostic or a market entry, the scoping session takes thirty minutes and commits you to nothing.
You leave with a written note that belongs to you, whether we work together or not.
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